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Première Edition

 

 

 

 

 

 


EN SAVOIR PLUS

NOS INVITES

Christina Mirjol

Née à Casablanca en 1949, Christina Mirjol réside à Paris.

Après une licence de Lettres et Arts à l’Université de Paris VII, elle se forme à l’art dramatique.

En 1988, elle fonde une compagnie, écrit et réalise sa première mise en scène à Paris et au Festival d’Avignon sur un texte inédit : Presqu’il, qui remporte le premier prix au festival du Bourget. Parmi ses autres mises en scène, La lettre en souffrance d’un homme de peine, de Pierre Péju (Paris, 1992) et
Je cours, j’ai tellement de hâte, autre texte inédit de Christina Mirjol (Paris, 1994) bénéficient d’aides
et de subventions et sont saluées par la critique.

Parallèlement, elle dirige de nombreux stages d’art dramatique à Paris et en Ile-de-France et soutient à Paris III Sorbonne nouvelle une maîtrise d’Etudes théâtrales intitulée "L’Adresse au public dans les écritures dramatiques contemporaines" (1996), dans laquelle elle tente de démontrer que la parole directe majore la présence des corps de l’auteur, de l’acteur et du spectateur, au théâtre.

En 1999, Christina Mirjol publie un premier livre pour la scène, Les cris. Ce texte, qui se situe à l’articulation de l’oral et de l’écrit, inaugure sa pratique d’écrivain et fait date. Les cris, recueil de 99 fragments proférés par les personnages les plus divers, aux motivations et aux résonances multiples, donne lieu à de nombreuses mises en scène à Paris et en Province. Cette collection de « cris », qui comprend à ce jour 200 textes, a donné lieu à de nombreuses publications dans des revues (Le Nouveau Recueil, Théâtres en Bretagne, Frictions, Brand de l’Université de Greenwich (en anglais)).

Le théâtre lui donne deux autres occasions de publication : La Fin des paysages, une polyphonie parue en 2001, et un texte de scène sur la Révolution des œillets co-écrit avec Jean-Pierre Sarrazac,
Cantiga para Ja, publié au Portugal et en Galice, en 2004.

Avec Suzanne ou le récit de la honte paru en 2007 au Mercure de France, elle se tourne vers l’écriture romanesque, animée plus que jamais par l’idée de faire entendre des voix. Se consacrant ainsi exclusivement à son activité d’écrivain, elle entend explorer ce qu’elle appelle « l’écriture en demeure d’être proférée ». Ses romans accueillent en conséquence l’oralité propre à l’écriture dramatique dont ils cherchent à restituer le souffle, le geste, et les battements de la vie.

Suzanne ou le récit de la honte est le m
onologue d’une femme de cinquante-deux ans soudainement licenciée, assise sur le même banc public depuis des mois. Plaintes du voisinage, ronde des badauds et sarabande des acteurs issus du passé brûlant, souvenirs écorchés vifs et visions actuelles se mélangent sans rémission en une lente agonie… Le roman obtient le Prix d’automne 2007 de la Société des Gens De Lettres. Noëlle Châtelet le salue en ces termes :

« (...) Peut-on mourir de honte ? On peut mourir sur un banc. Sans bruit…
Me croirez-vous ? Près de chez moi, sur un banc semblable à celui-ci, sur une très charmante petite place plantée d’arbres, près d’une fontaine Wallace où elle remplie son seau, une autre Suzanne a élu domicile depuis des mois.
Je la croise chaque jour. Alors je me suis fait une promesse : quand on aura décerné son prix à Christina Mirjol pour ce roman, pour moi le plus prégnant de la rentrée littéraire, le 5 décembre précisément, quand la pluie aura cessé peut-être, j’irai offrir à cette sœur inconnue, anonyme, le livre de Christina Mirjol.
Car pour moi, la magie de la littérature c’est bien le point de rencontre entre la réalité et la fiction, la pointe aigue et étincelante du hasard.
Un diamant ».


Dans Dernières lueurs, paru en 2008, Christina Mirjol continue d’explorer la polyphonie dans un roman à plusieurs voix. L’histoire est celle d’un projet de voyage avorté d’une octogénaire au seuil de sa mort. Par son sujet, son traitement, ses personnages – deux vieux, leur fille, le fils dans le lointain, la mère meurt, c’est quotidien, ça arrive tous les jours –, le roman rend palpable l’attachement de l’auteur pour la forme brève et pour l’ordinaire de la vie.

Bibliographie
Dernières lueurs (Mercure de France, Paris, 2008).
Suzanne ou le Récit de la honte (Mercure de France, Paris, 2007).
Cantiga Para Ja, Place de la Révolution, co-écrit avec Jean-Pierre Sarrazac (Éditions Coimbra,
Capital Nacional da Cultura – Portugal, et Editions Xerais de Galicia – Espagne, 2003).

La fin des paysages (Éditions du Laquet, Martel, 2001).
Les Cris (Éditions du Laquet, Coll. Parole en page, Martel, 1999).

« Christina Mirjol sait admirablement aimer et se moquer de ses contemporains. Ses histoires et ses cris qui l’agitent sont ceux de chacun, ils empruntent une voix douce, cruelle où la malice n’est jamais loin. Elle se joue avec allégresse des mots et des situations, nous laissant découvrir l’absurde ou l’incongru de notre quotidien. Ces cris pourront être joués, lus à haute voix, tantôt émue, tantôt moqueuse. 99 cris pour provoquer le vôtre… Quant à Christina Mirjol, elle ne saurait dire quand pour elle, cesseront ses cris. »
(4e de couv. Les cris, éditions du Laquet, 1999).

 


Anne Marsella
 
Née en Californie, Anne Marsella y a vécu et fait ses études jusqu’à sa thèse au Mills College d’Oakland. En 1989, elle quitte les Etats-Unis pour poursuivre sa formation à l'université de Paris VIII où elle travaille sur la problématique de l'écriture féminine et les oeuvres poétiques d'Hélène Cixous. Elle réside à Paris jusqu’à ce jour.

Après avoir enseigné la langue et la littérature anglaises dans les universités françaises et animé un atelier d'écriture à l’American University of Paris, elle dirige aujourd’hui le programme de Wells College, Arts in Paris, spécialisé dans les beaux arts et l'histoire de l'art. Elle est également directrice associée des ateliers d'écriture d'été de New York University à Paris.

Parallèlement, Anne Marsella a cumulé les travaux de traduction de textes philosophiques, psychanalytiques, littéraires, artistiques pour des revues ou des maisons d’édition françaises et américaines. Elle s’est en particulier spécialisée dans la traduction des essais de Julia Kristeva.

Anne Marsella a publié un recueil de nouvelles en 1994, The Lost and Found and Other Stories ( NYU Press) qui a été récompensé par l’Elmer Holmes Bobst Award for Emerging Writers de l’Université de New York. Depuis, d'autres de ses nouvelles ont paru dans des revues américaines et françaises telles qu’Europe, The Southern Review, The Nebraksa Review, The Chariton Review, et Gargoyles. Sa nouvelle "Saint Fever" a été sélectionnée pour le Prix Pushcart et adaptée pour la production théâtrale off-Broadway All The Pieces en 2003.

En 2007, elle publie son premier roman, Remedy, chez Portobello Books, à Londres. Un an plus tard, elle publie le second, mais le premier en langue française, Patsy Boone (Editions de la différence). Ces deux romans, des récits miroir, racontent chacun la vie décalée d'une jeune Américaine à Paris et sa rencontre avec les mondes multiples de la capitale - ces hommes, ces étrangers, ces religions et ces façons de penser et d'être. Au cœur de ces romans se trouvent l'exil et la façon dont il met l'être humain face à de multiples contradictions : comment se sentir chez soi lorsque l'on n'est pas chez soi ? Que veut dire être soi-même lorsque l'on est perçu comme l'autre ?

Son roman The Baby of Belleville paraîtra en juin 2010 et sera le troisième volume de cette trilogie parisienne.

Bibliographie
Patsy Boone, Editions de la Différence, Paris, 2008.
Remedy, Editions des Arènes, Hachette, Editions  Iconoclaste,
“Saint Fever,” Nebraska Review, University of Nebraska d’Omaha, 2001.
Adapté pour une production de Broadway, All The Pieces, 2003.

“Morroccan Bliss”, Elle, 1999.
"A Soldier of Fortune”, Sources, Revue d'Etudes Anglophones, Cerca, Université d'Orléans, 1997.
The Lost and Found and Other Stories, New York University Press, 1993.
The Baby of Belleville (à paraître)

 

Anne Marsella sur le web (en anglais) :

France24 : Anne Marsella, an American in Paris
The Gaurdian : "Remedy"
Spread the world : "Remedy"

Vingt Paris : Q & A with A. Marsella

Portobello books

Maîtresse


Signalons le blog (en anglais) de la romancière : www.annemarsella.com

 

Puis-je vous inviter dans mon boudoir, Monsieur ?
Extraits d’une critique de Patsy Boone par Françoise Siri

Laissez-vous entraîner dans un roman très drôle, un peu décalé, plein de trouvailles astucieuses et nourri d’un imaginaire délicieusement « enfantin » comme le revndique son auteur, Anne Marsella.

Le « boudoir » est le cabinet de délices où elle reçoit ses amants. Elle aurait pu être un personnage new-yorkais de Woody Allen, à cause de son tempérament, de la vie qu’elle mène et de l’humour qui baigne le livre. Mais elle vit à Paris, rue de Suffren, cette jeune Américaine de 23 ans, futée, sûre d’elle et légèrement excentrique, étudiante en littérature comparée et amoureuse des Lettres françaises. Chaque soit, elle écrit à sa gardienne d’immeuble, avec qui elle ne s’entend guère, mais le détail couché noir sur blanc de ses moult péripéties dans la capitale, qui lui est fidèlement adressé, est censé y remédier.

Elle se prénomme Patsy et porte le nom d’une illustre famille de pionniers américains : Boone – mis en scène dans une série télévisée américaine très populaire. (…)

Patsy a un problème avec son « monde-en-bas » : ses règles n’arrivent plus depuis deux ans. Pour y remédier, elle frappe à la porte non pas d’un acuponcteur de Brooklyn mais d’un chaman parisien, formé à la médecine du Dakota et établi tout en haut d’un immeuble coiffé de six tipis majestueux, rue Montorgueil.

Ses visites chez le chaman lui permettent de retrouver ses ancêtres. Défile alors l’histoire des Etats-Unis vue des yeux de Patsy : des scènes sérieuses et drôles, de Ratons Laveurs et de Peaux Rouges, proches parfois du dessin animé.

Patsy vit de la générosité de Grandma Gun, femmes d’affaires du Kentucky qui, entre deux highballs (bourbon-soda), assure la vie matérielle de sa descendance. Rentière avisée, elle dénonce nombre de dérives mercantiles de la société américaine. Au fil de la correspondance, elle fait preuve d’un imaginaire américain aux détails croustillants et insoupçonnés, toujours explicités en note à l’attention de la gardienne. (…)

Sur ce plan-là, le personnage de Patsy et son auteur Anne Marsella ne font qu’un. L’écrivain a quitté la Californie pour la France en 198 et vit à Pais avec son époux et leur enfant prénommé Blaise. Romancière primée, elle s’exprime dans ce livre pour la première fois en français. Si elle a choisi le genre épistolaire, c’est que :

« Lorsque j’étais étudiante, mon introduction à la littérature française a commencé par les romans de Laclos, Rousseau, Madame de Lafayette – les auteurs du 17e et du 18e qui écrivaient des récits épistolaires. Et c’est de là que mon amour pour la littérature française est né. Il me semblait naturel de revenir à ce type de texte lorsque le désir d’écrire en français m’est venu. Et puis, j’ai besoin de m’adresser à quelqu’un lorsque j’écris. De mon point de vue, écrire, c’est une façon d’aller vers l’autre et de l’inviter à jouer avec moi dans le monde imaginaire que je crée. Cela paraît très enfantin – et bien tant pis ! Je revendique cet « enfantin –là qui est riche d’imagination et de vie. Dans Remedy, qui est une sorte de journal intime, le personnage principal s’adresse chaque jour à un saint. »

L’histoire des Etats-Unis tranche avec une sorte de présent flou, intemporel dans l’écriture, renforcé par le fait que les lettres sont non datées. Patsy, comme tout bon étudiant étranger que l’on croise en Sorbonne, parle un français plus châtié que nous –celui de nos ancêtres – reflet à l’honneur le passé simple et ponctue son discours de jolis mots surannés, le tout se mélangeant à nos tournures familières actuelles. Anne Marsella s’en explique :

« Dans l’écriture, j’aime qu’il y ait de l’étrangeté – je recherche une langue décalée, pas tout à fait reconnaissable, et des personnages que l’on ne peut pas exactement situer. Je me disais que si j’écrivais en français, ma langue allait être forcément étrange et un peu à contretemps – et c’est bien le cas, non ?(…) Je parle beaucoup d’étrangeté mais peut-être que je devrais tout simplement parler de la fraîcheur de la langue, de l’envie de l’entendre comme quelque chose de frais et de délicieux. »…

 


Abdelaziz Er-Rachidi
 
Natif de Zagora, Abdelaziz Er-Rachidi est un jeune écrivain marocain doublé d’un militant des lettres.
 
Dès les années 1990, il publie articles et nouvelles dans de nombreuses revues littéraires du monde arabe. Dans les années 2000, Abdelaziz er-Rachidi publie ses premiers recueils de nouvelles, Ruelle des morts puis Enfance d’une grenouille, primé par l’Union des Ecrivains du Maroc, tandis qu’il organise et anime nombre de rencontres littéraires, y compris, avec le Club de la Nouvelle, à Dar Raha Zagora.
 
En 2006, Abdelaziz er-Rachidi a reçu le prix égyptien de la nouvelle, Sakyat essawi. Cette année-là, il publie son premier roman, Nomades sur la falaise, qui sera récompensé par le prix Acharika des Emirats Arabes Unis. Il participe à de nombreuses rencontres littéraires aux Emirats, en Jordanie, en Egypte, au Liban, et il est accueilli en résidence à la Maison Internationale des Ecrivains en Suisse, entre autres, ainsi qu’à la Cité des Arts à Paris.


Bibliographie
Ruelle des morts, Groupe de recherche de la nouvelle, Maroc, 2004.  
Enfance d’une grenouille, Union des Ecrivains du Maroc, 2005.
Nomades sur la falaise, Cercle Culturel d’Acharika, Emirats Arabes Unis, 2006 ;
Maison Arabe des Sciences, Beyrouth, 2008.

Douleur des sables, 2007.
Etrangers sur ma table, Ministère de la Culture du Maroc, 2009.